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Essais routiers

Mazda Miata 2003

C'est le temps des vacances

Par : Philippe Laguë

Commençons par un aveu : la Miata, c'est mon coup de cœur des dix dernières années. C'est aussi un signe que l'été est arrivé, car dès que la température se réchauffe, Mazda Canada s'empresse d'en mettre une à la disposition des chroniqueurs spécialisés. Et chaque fois, ce petit roadster me procure une dose de plaisir qui n'a jamais diminué d'un iota au fil des ans. Comme le chante si bien Richard Desjardins, " quand j'aime un jour, j'aime pour toujours ".

Carrosserie

Moteur avant, roues motrices arrière, deux places : tels sont les ingrédients de base d'un roadster. Ce type de voiture, faut-il le rappeler, a connu ses heures de gloire après la deuxième Guerre mondiale jusqu'au milieu des années 70. La fragilité légendaire de ces petites sportives, pour la plupart italiennes ou britanniques, aura eu raison d'elles. En lançant la Miata, en 1989, la firme japonaise Mazda a non seulement redonné vie à ce type de voiture, mais elle a réinventé le genre. Désormais, un roadster pouvait être fiable.

Mécanique

Dès son apparition, la Miata a provoqué d'innombrables coups de foudre. Mais parmi les rares critiques, il y en a une qui revenait constamment : le manque de puissance. Ne voulant surtout pas dénaturer cette petite sportive abordable, Mazda a opté pour une démarche étapiste. Au fil des années, la cylindrée de son moteur est passée de 1,6 à 1,8 litre, la puissance grimpant d'une trentaine de chevaux (pour un total de 142). Pour certains, il en manque encore, mais se priver d'une Miata pour cette seule raison constitue, à mon humble avis, une grave erreur. S'il est vrai qu'un moteur de 2 litres avec une vingtaine de chevaux supplémentaires serait l'idéal, il faut cependant tenir compte du rapport poids/puissance, très favorable à ce roadster en format de poche. De plus, ce 4-cylindres possède une bonne plage de puissance et ne craint pas les hauts régimes. Il manque un peu de musicalité, mais on ne lui en tiendra pas trop rigueur. Le seul reproche vraiment mérité, c'est son peu d'onctuosité. Les envolées à haut régime, c'est bien amusant; mais ça l'est moins avec un moteur rugueux. Montrez-moi une MINI, et je vous montrerai un 4-cylindres onctueux ! En revanche, la boîte de vitesses est un pur délice. Course très courte du petit levier, étagement précis, bonne synchro, cette fois, c'est du grand art. Je n'exagère pas : après toutes ces années, la boîte manuelle de la Miata continue de se maintenir parmi ce qui se fait de mieux. Et elle contribue en bonne partie à l'agrément de conduite exceptionnel de cette sportive.

Comportement

L'été dernier, la Miata fut l'heureuse élue pour les vacances du chroniqueur et de sa chaste épouse. Destination : Charlevoix, avec une pointe jusqu'à Tadoussac. De là à dire qu'il s'agit du paradis pour se promener en Miata, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement. Sur ces routes montagneuses et sinueuses, ce roadster s'est amusé comme un petit fou, et ses occupants encore plus ! Plus agile que ça, je ne vois qu'un go-kart. La comparaison vaut également pour la direction, qui répond au doigt et à l'œil avec une incroyable précision. Pour tout vous dire, nous n'avons pas couché dedans et c'est tout juste, parcourant plus de 2000 kilomètres en une semaine. Ce qui nous a également permis de constater que le confort, ma foi, était tout à fait acceptable, tout comme l'insonorisation quand la capote est en place. Certes, si vous aimez vous balader en voiture, ça aide; mais la Miata est justement conçue pour ceux et celles qui aiment ça.

Habitacle

Tout ce temps passé dans l'habitacle nous a permis de l'examiner sous toutes ses coutures... Ce qui nous a agacés le plus, Madame et moi, c'est le rendement de la chaîne audio. La qualité sonore n'a rien d'exceptionnel, et ça manque nettement de puissance. Ce genre de détail a son importance quand on baisse le toit et qu'on désire écouter de la musique en roulant. Sur une note plus pratique, les irritants concernent le volant, qui n'est pas réglable, et le manque de jeu pour régler les sièges, particulièrement le dossier. Ceux-ci procurent cependant un confort appréciable et un bon soutien; de plus, nous n'avons jamais éprouvé le moindre petit mal de dos malgré la quantité de kilomètres parcourus.

Conclusion

Après toutes ces années, la Miata est restée fidèle à elle-même. Si la puissance de son moteur a augmenté, elle ne s'est pas transformée en bolide pour autant, privilégiant le plaisir plutôt que les performances pures. Ce faisant, elle a su demeurer accessible, son prix ne suivant pas la courbe inflationniste des autres roadsters hors de prix. Grand bien lui fit, car elle n'a toujours pas de rivale. La Miata est tout, sauf pratique, c'est vrai; mais elle continue de proposer le meilleur rapport prix/agrément de l'industrie automobile, avec une fiabilité toute japonaise en prime. Et puis je l'aime, que voulez-vous...

Forces

Charme intact

Comportement sportif

Boîte manuelle exemplaire

Direction de " kart "

Agrément de conduite à prix abordable

Fiabilité

Faiblesses

Moteur rugueux

Habitacle peu spacieux

Chaîne audio décevante

Utilisation hivernale non recommandée

Véhicule plus ludique que pratique